dimanche 8 février 2009

Suppression de la taxe professionnelle

La suppression de la Taxe professionnelle, telle qu'annoncée par le président de la république suscite bien des interrogations, notamment chez les responsables politiques en charge de la gestion des collectivités territoriales.

Cette annonce, sans précisions, peut-être vue, a priori, comme un cadeau au patronat, notamment par ceux qui ont bien l'intention de faire de la crise un fond de commerce politique, oubliant que , ce genre d'aide aux entreprises que l'on pourrait qualifier de cadeaux au patronat, que ce soit dans le domaine de la fiscalité, ou des charges sociales, a été pratiqué, avec plus ou moins de contreparties quels que soient les gouvernements qui se sont succédé ces 20 dernières années.

Alors comment sortir de ce constat d'impuissance, en matière de délocalisation, constaté depuis de nombreuses années par le monde politique et les syndicats?



Ce qui est exprimé, j'imagine, par le président est le raisonnement suivant : "En supprimant la TP ,je participe à faire baisser le coût de production de l'automobile, car la voiture fabriquée en France aura ainsi le même prix de vente que celle fabriquée en Tchéquie, c'est donc la possibilité de relocaliser la production"



Pourquoi pas? Car il faut bien se l'avouer, chacun d'entre nous Citoyen-Consommateur, exige à la fois, ce qui est légitime,les meilleurs salaires possibles, et les prix d'achats les plus bas . Gagner plus et payer moins, c'est- à- dire du pouvoir d'achat !

Et, à chaque fois que nous achetons une voiture ou un vêtement fabriqués ailleurs, moins cher que celui fabriqué en France, nous sommes bien conscients que c'est grace à un coût de main d'oeuvre moins cher. Il y a bien là, de fait, une interpellation au sujet de notre comportement d'acheteur ! Et si nous achetons uniquement des produits fabriqués en France, plus chers, parce que fabriqués par des salariés mieux payés et protégés socialement, de fait nous subissons une perte de pouvoir d'achat, celui-ci étant par la consommation réparti plus équitablement entre les salariés du pays. Il fut un temps ,certains nommaient cela du patriotisme économique !



Alors, bien sûr, il y a d'autres manières de peser sur le coût de fabrication, le prix des matières premières, la productivité, les conditions de travail, et sur le prix de vente, en terme de marges bénéficiaires et profits.....Mais néanmoins demeure le fait que les délocalisations , si elles profitent de facto au patronat, profitent également aux citoyens consommateurs que nous sommes, l'aspiration permanente du plus grand nombre à des prix toujours plus bas, dans le cadre de la concurrence est un élément pesant dans le sens des délocalisations , le souci pour les entrepreneurs étant de répondre à cette aspiration. L'unique question est dès lors pour chaque salarié de ne pas être parmi les victimes, en terme d'emploi, de cette logique économique !



Ainsi donc, cette proposition en soi, peut être l'occasion, ou l'un des moyens de peser sur l'emploi, relocaliser et freiner les délocalisations ( quel contrôle?) sans altérer le pouvoir d'achat du citoyen-consommateur.

Il est clair que dans ce domaine les contradictions sont à tous les niveaux, et que chaque proposition est à étudier sans dogmatisme, sans a priori, avec un souci réel de faire avancer les choses dans une situation complexe.



Demeure cependant un grand MAIS, et une inquiétude légitime aussi , concernant les ressources des collectivité locales, déjà fragilisées par la baisse des dotations financières de l'Etat, les transferts de charges,la baisse des revenus liés aux droits de mutation dans le domaine immobilier.



Une grande question : Y aura t-il compensation par l'Etat des ressources de la TP? En totalité? La taxe carbone, qui paye ? Comment?, comment cela se traduira pour le contribuable?

Les ressources financières des collectivités locales vont t-elles demeurer à un niveau suffisant, permettant, dans le cadre de fortes contraintes budgétaires que nous connaissons, de gérer au mieux nos communes, avec des services publics, plus nécessaires que jamais, au regard de la crise que nous vivons, et qui devrait selon les spécialistes en économie s'aggraver?



Sur tout cela, le président devra répondre rapidement......