Jean-Paul AUDOLI
Conseiller Municipal de la Trinité
" La gauche ouverte et responsable "
Communiqué de presse
Je viens de recevoir ce jour une convocation signée de Frédérique GREGOIRE- CONCAS, pour comparaître devant la Commission Fédérale des Conflits, à la demande de Patrick ALLEMAND, qui statuera sur ma réintégration ou pas comme membre du Parti Socialiste.
Il est clair, que pour développer à nouveau une argumentation susceptible d’être écoutée et entendue, il est nécessaire d’avoir les garanties d’impartialité totale.
Or, dans ce cas là, les accusateurs sont également les procureurs, les juges, et le jury.
J’aime trop la liberté, pour me soumettre au tribunal du peuple, au service d’ambitions personnelles contrariées, qui rappelle d’autres temps, et d’autres pratiques, d’autres partis, qui ont tant affaibli le mouvement populaire.
Je dénie à quiconque, et surtout à Patrick ALLEMAND et ses " amis " le droit de juger les militants socialistes de la Trinité, après avoir tant affaibli le parti socialiste lors des dernières municipales.
A la veille du congrès du PS, il est une règle simple qui préside à la construction d’un parti fort, et reconnu : C’est l’adhérent qui choisit le parti, et non le parti qui choisit ses adhérents !
Je continuerai, naturellement, en tant que conseiller Municipal de la Trinité à m’exprimer et agir librement, en tant que socialiste. Cette philosophie humaniste, sociale et tolérante n’appartient pas à des représentants d’appareils sclérosés aux services d’ambitions personnelles, mais à chaque citoyen de gauche qui s’en revendique, et la fait vivre dans son comportement et ses actes au quotidien.
JP AUDOLI
jeudi 28 août 2008
mercredi 27 août 2008
Faut-il boycotter la cérémonie d'ouverture des JO de Moscou en 2066?
La reconnaissance par la Russie de l'indépendance de l'Ossétie du sud (70000 habitants), et le l'Abkhazie (250000 habitants) provoque, à juste titre le tollé de l'ensemble des autres pays.
Au-delà des considérations politiques, géostratégiques, économiques ou autres des différentes puissances mondiales, et par la-même de leurs responsabilités , je m'interroge si cette situation n'est pas la conséquence, une fois de plus, de l'application de principes, à géométrie variable, tels que l'intangibilité des frontières, l'inviolabilité et l'intégrité territoriale des pays. Et à ce titre, la question du Kosovo et son indépendance, si vite reconnue par les pays occidentaux, au grand dam de la russie peut amener à penser que ce qui se passe en Géorgie constitue la réponse du berger à la bergère....
Et finalement, le fait d'avoir renoncé, ou adapté ces principes selon les intérêts de chacun aboutit à cet affaiblissement de l'autorité morale des institutions internationales!
De même, peut-on se référer à de grands principes démocratiques pour envoyer nos soldats en Afganistan, et accepter même qu'ils s'y fassent tuer,et courber l'échine devant la Chine qui annexe le Tibet?
On ne peut ignorer un cinquième de la planète nous dit-on! certes!,mais alors on ne pourra ignorer durablement le grand pays qu'est la Russie! (142 millions d'habitants).
La pauvre Géorgie (moins de 5 millions d'habitants) devra en faire les frais, c'est le sort des petits pays, et comme le dit le président Géorgien :" on va lutter "pacifiquement" contre le "mal" pour rétablir notre intégrité territoriale.
On en reparlera peut être, si l'occasion se présente, dans 58 ans, lors des prochains Jeux Olympiques.
Au-delà des considérations politiques, géostratégiques, économiques ou autres des différentes puissances mondiales, et par la-même de leurs responsabilités , je m'interroge si cette situation n'est pas la conséquence, une fois de plus, de l'application de principes, à géométrie variable, tels que l'intangibilité des frontières, l'inviolabilité et l'intégrité territoriale des pays. Et à ce titre, la question du Kosovo et son indépendance, si vite reconnue par les pays occidentaux, au grand dam de la russie peut amener à penser que ce qui se passe en Géorgie constitue la réponse du berger à la bergère....
Et finalement, le fait d'avoir renoncé, ou adapté ces principes selon les intérêts de chacun aboutit à cet affaiblissement de l'autorité morale des institutions internationales!
De même, peut-on se référer à de grands principes démocratiques pour envoyer nos soldats en Afganistan, et accepter même qu'ils s'y fassent tuer,et courber l'échine devant la Chine qui annexe le Tibet?
On ne peut ignorer un cinquième de la planète nous dit-on! certes!,mais alors on ne pourra ignorer durablement le grand pays qu'est la Russie! (142 millions d'habitants).
La pauvre Géorgie (moins de 5 millions d'habitants) devra en faire les frais, c'est le sort des petits pays, et comme le dit le président Géorgien :" on va lutter "pacifiquement" contre le "mal" pour rétablir notre intégrité territoriale.
On en reparlera peut être, si l'occasion se présente, dans 58 ans, lors des prochains Jeux Olympiques.
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Jean-Paul Audoli
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mercredi, août 27, 2008
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jeudi 21 août 2008
INDIVIDUALISTES.....
C'est le constat que nous faisons quotidiennement, et qui bien souvent, faute d'analyse et de remise en cause de nos façons de penser et d'agir, laisse pantois et désemparés, bon nombre de militants de gauche, et de délégués syndicaux dans les entreprises, ce qui contribue évidemment, à ce sentiment d'impuissance et de non prise sur les évènements, et le cours des choses....
Dernièrement, par pure coïncidence, deux réactions similaires, de deux jeunes femmes, étudiantes, électrices de Ségolène ROYAL aux dernières élections présidentielles, travaillant toutes les deux pour un job d'été, comme serveuses dans des bars restaurants, l'une à Nice, l'autre à Londres, m'ont , à nouveau interpellé sur ce constat.
Le point commun : toutes deux s'étonnent que l'on doive partager les pourboires.....
Question qu'il faut bien dire, nous aurait même pas traversé l'esprit à notre époque....
Ayant pu en discuter plus longuement avec l'une d'entre elles, je ressentis nettement dans son expression, que, plus qu'un partage équitable des richesses (ici les pourboires), ce qu'elle souhaitait, dans ce cas, comme pour le reste de sa vie future, c'est que la société lui assure à elle, comme aux autres,une égalité de chance, qui lui permette d'exprimer, librement et individuellement, ses capacités et compétences, selon sa volonté, et que le fruit de son travail soit évalué dans le futur, en fonction de cela.
Donc, pour elle, la justice sociale,c'est avant tout "l'égalité des chances" quel que soit le milieu social dont on est issu!.
La société devant permettre, avant tout, l'émancipation individuelle dans toute sa dimension.
Et pour en revenir à nos pourboires, elle considérait que dans ce cadre là, toutes les serveuses que ce soit sur les conditions de travail, ou la possibilité d'être aimable, et de développer une qualité de service, étaient logées à la même enseigne, à chacune donc de faire selon ses envies, et 'à partir de là, elle n'accepte pas ce nivellement par le bas!
Au-delà de l'anecdote, puisque la gauche est parait-il en pleine rénovation ou refondation, cette question de l'individualisme ne devrait t-elle pas être au coeur de notre réflexion et de notre projet de transformation sociale?
Ces dernières décennies, et notamment ces dernières années, ont bien démontré que les démarches collectives, même celles qui prônent un idéal magnifique, sont souvent instrumentalisées par des stratégies de domination, voire tombent dans la violence, dès lors qu'elles ne s'appuient pas sur une transformation individuelle dans tous les domaines.
Nous vivons un double effondrement, celui des grandes idéologies religieuses et politiques prétendant régenter , par le haut,l'ensemble de la sociéte dans sa dimension matérielle et idéologique. A la grave crise des religions traditionnelles, s'ajoute la grave crise de la croyance dans la politique, le tout, étant décrédibilisé aux yeux de bon nombre de citoyens, et notamment des jeunes.
Car au fond, il faut bien s'avouer, au regard des différentes expériences et échecs, que les révolutions sociales ou politiques, passent avant tout par une transformation individuelle, notamment sur le sens à donner à l'existence, autrement dit, le travail de l'individu sur lui même, comme condition nécessaire à tout changement.
Et, en ce sens là,il n'y a aucune opposition entre individualisme et garanties collectives , l'ensemble visant à construire une société plus juste.
Peut-être, par certains aspects, une partie de la jeunesse, est entrain, confusément de nous dire cela!
En cette année, anniversaire de mai 68, où la jeunesse avait donné un nouvel élan, et dégrippé la société, la gauche devrait se souvenir de ce décalage qu'elle avait à l'époque avec elle, pour ne pas recommencer.
Peut-être le congrès à venir du Parti Socialiste abordera cette question! Espérons.....
Dernièrement, par pure coïncidence, deux réactions similaires, de deux jeunes femmes, étudiantes, électrices de Ségolène ROYAL aux dernières élections présidentielles, travaillant toutes les deux pour un job d'été, comme serveuses dans des bars restaurants, l'une à Nice, l'autre à Londres, m'ont , à nouveau interpellé sur ce constat.
Le point commun : toutes deux s'étonnent que l'on doive partager les pourboires.....
Question qu'il faut bien dire, nous aurait même pas traversé l'esprit à notre époque....
Ayant pu en discuter plus longuement avec l'une d'entre elles, je ressentis nettement dans son expression, que, plus qu'un partage équitable des richesses (ici les pourboires), ce qu'elle souhaitait, dans ce cas, comme pour le reste de sa vie future, c'est que la société lui assure à elle, comme aux autres,une égalité de chance, qui lui permette d'exprimer, librement et individuellement, ses capacités et compétences, selon sa volonté, et que le fruit de son travail soit évalué dans le futur, en fonction de cela.
Donc, pour elle, la justice sociale,c'est avant tout "l'égalité des chances" quel que soit le milieu social dont on est issu!.
La société devant permettre, avant tout, l'émancipation individuelle dans toute sa dimension.
Et pour en revenir à nos pourboires, elle considérait que dans ce cadre là, toutes les serveuses que ce soit sur les conditions de travail, ou la possibilité d'être aimable, et de développer une qualité de service, étaient logées à la même enseigne, à chacune donc de faire selon ses envies, et 'à partir de là, elle n'accepte pas ce nivellement par le bas!
Au-delà de l'anecdote, puisque la gauche est parait-il en pleine rénovation ou refondation, cette question de l'individualisme ne devrait t-elle pas être au coeur de notre réflexion et de notre projet de transformation sociale?
Ces dernières décennies, et notamment ces dernières années, ont bien démontré que les démarches collectives, même celles qui prônent un idéal magnifique, sont souvent instrumentalisées par des stratégies de domination, voire tombent dans la violence, dès lors qu'elles ne s'appuient pas sur une transformation individuelle dans tous les domaines.
Nous vivons un double effondrement, celui des grandes idéologies religieuses et politiques prétendant régenter , par le haut,l'ensemble de la sociéte dans sa dimension matérielle et idéologique. A la grave crise des religions traditionnelles, s'ajoute la grave crise de la croyance dans la politique, le tout, étant décrédibilisé aux yeux de bon nombre de citoyens, et notamment des jeunes.
Car au fond, il faut bien s'avouer, au regard des différentes expériences et échecs, que les révolutions sociales ou politiques, passent avant tout par une transformation individuelle, notamment sur le sens à donner à l'existence, autrement dit, le travail de l'individu sur lui même, comme condition nécessaire à tout changement.
Et, en ce sens là,il n'y a aucune opposition entre individualisme et garanties collectives , l'ensemble visant à construire une société plus juste.
Peut-être, par certains aspects, une partie de la jeunesse, est entrain, confusément de nous dire cela!
En cette année, anniversaire de mai 68, où la jeunesse avait donné un nouvel élan, et dégrippé la société, la gauche devrait se souvenir de ce décalage qu'elle avait à l'époque avec elle, pour ne pas recommencer.
Peut-être le congrès à venir du Parti Socialiste abordera cette question! Espérons.....
samedi 16 août 2008
Pour finir les vacances......
Quelques petites phrases récentes du PPF(paysage politique français), à vous d'en rire,ou d'en pleurer (de rire).....
Jean Marc AYRAULT :"On est utile, mais personne ne le sait"
Ségolène ROYAL : "Delanoé a déclaré" je n'ai pas besoin de pouvoir", ça tombe rudement bien,moi si!
Alain JUPPE :"C'est sur,je ne suis pas bling-bling, c'est pour ça que je redeviens à la mode"
Nicolas SARKOZY :" si je ne faisais pas le service après vente moi-même,il ne se passerait rien."
Laurent FABIUS :" Le concours d'égo de mon parti, je ne m'en mêle pas."
Gaétan GORCE :" Le PS : une armée mexicaine doublée d'une auberge espagnole."
Olivier BESANCENOT :" La révolution n'est pas une flaque de sang à chaque coin de rue."
A suivre......
Jean Marc AYRAULT :"On est utile, mais personne ne le sait"
Ségolène ROYAL : "Delanoé a déclaré" je n'ai pas besoin de pouvoir", ça tombe rudement bien,moi si!
Alain JUPPE :"C'est sur,je ne suis pas bling-bling, c'est pour ça que je redeviens à la mode"
Nicolas SARKOZY :" si je ne faisais pas le service après vente moi-même,il ne se passerait rien."
Laurent FABIUS :" Le concours d'égo de mon parti, je ne m'en mêle pas."
Gaétan GORCE :" Le PS : une armée mexicaine doublée d'une auberge espagnole."
Olivier BESANCENOT :" La révolution n'est pas une flaque de sang à chaque coin de rue."
A suivre......
dimanche 3 août 2008
Avenue des Diables-Bleus
A quelques jours du 09 Août, anniversaire de la disparition tragique de Louis NUCERA, en 2000, je profite de cette période de calme estival, pour relire une fois de plus, mon livre de chevet. Maintes fois lu, et maintes fois redécouvert!
Un livre poignant, exprimant mille sensations vécues et ressenties depuis notre enfance dans le pays niçois, un livre dont la lecture intronise comme le dit si bien louis NUCERA " l'impératrice des coeurs: la mélancolie", non pas comme un élément d'abattement, de regret, ou de nostalgie, simplement celle qui vous resitue en permanence, face aux tourbillons du fleuve de la vie, qui amène de temps en temps à renoncer au recul nécessaire en toute chose, bref, la mélancolie qui fait aller de l'avant!
Un livre sur la vie et sa fin, et je ne résiste pas à retranscrire quelques merveilleux passages :
"La vie suit son cours, comme on dit. Elle burine des détails pas toujours très beaux : l'amertume au coin de la bouche, l'envie qui crispe les traits, la bêtise qui les fige, et, ce qui me bouleverse,la résignation, avec la mort qui chemine, sillon après sillon, défaite après défaite, même pour ceux qui paradent encore. On n'échappe pas à ce qui se machine au-dedans de nous, là où le jour n'entre pas. l'aiguille du sismographe secret épie, enregistre et inscrit, inlassable....."
"Mourir pour mourir, c'est en regardant Nice, depuis la colline du château, le cimetière tout à coté, que je voudrais m'en aller. Il n'y aurait pas beaucoup de chemin à parcourir. Ce n'est pas que je sois pressé, mais plutôt que de se tortiller en des lieux aseptisés, où c'est à qui souffrira le plus, je m'imagine me baladant, le vieux Nice à mes pieds, la mer proche et lointaine. La mort viendrait d'un coup de beauté. Rentier du superbe, jour après jour, j'irais l'attendre, léger comme sont les amoureux quand ils vivent de l'air du temps. On a bien le droit de fignoler des exigences. Ça coûte rien. La vie se charge de les retoucher."
Un livre sur le bonheur de maîtriser la langue, l'écriture, la lecture, avec ces deux extraits sur la grand-mère, émigrée en France, "ambassadrice de la paysannerie de l'Italie d'autrefois":
" Elle avait appris le français à l'oreille dans un quartier de Nice où les italiens dans son cas étaient nombreux. C'était à qui l'estropiait le plus. On y parlait aussi couramment le" niçois", comme toujours, à l'époque, dans les zones populaires;" niçois" alors proscrit par " les gens chics" qui l'estimaient vulgaire et par ceux dont l'ambition était de singer les riches. De ce mélange de français,d'italien, de "nissart", devaient naître des générations d'hommes et de femmes s'exprimant en un langage inintelligible au-delà d'un bref périmètre. Quand des années plus tard, elle se rendit en Italie pour revoir son frère, ils ne se comprirent pas. Elle revint à Nice affirmant qu'à San Pietro a Monte,le village natal, les gens avaient cessé de parler italien"
" Je me souviens du jour où je lui avais offert mon premier livre. Elle le regarda, le soupesa,le caressa, puis leva son visage vers moi. Il y avait dans ses yeux du recueillement, cette estime poignante qu'ont les pauvres gens pour ce qui est imprimé, quand les "médias" ne les ont pas dévoyés. Chez ma mère c'était pareil. Un livre! Elle dit avec certitude : "Vous avez mis votre tête et votre coeur là-dedans....". Plus tard, je devais la surprendre le livre ouvert sur les genoux. Jusqu'à ce jour je ne l'avais vue qu'avec son missel. Se croyant seule, elle déchiffrait des phrases à haute voix, épelant chaque lettre en italien, les transformant en français, formant les syllabes comme à l'époque où elle lisait ce qu'écrivait Anselmo......."
J'arrête, je n'en finirais pas d'avoir le bonheur de recopier des passages entiers!
A lire absolument, puisque c'est les vacances, un vrai voyage, dans notre passé récent, qui selon Joseph KESSEL est " un livre qui dit la gloire lumineuse des humbles".
Un livre poignant, exprimant mille sensations vécues et ressenties depuis notre enfance dans le pays niçois, un livre dont la lecture intronise comme le dit si bien louis NUCERA " l'impératrice des coeurs: la mélancolie", non pas comme un élément d'abattement, de regret, ou de nostalgie, simplement celle qui vous resitue en permanence, face aux tourbillons du fleuve de la vie, qui amène de temps en temps à renoncer au recul nécessaire en toute chose, bref, la mélancolie qui fait aller de l'avant!
Un livre sur la vie et sa fin, et je ne résiste pas à retranscrire quelques merveilleux passages :
"La vie suit son cours, comme on dit. Elle burine des détails pas toujours très beaux : l'amertume au coin de la bouche, l'envie qui crispe les traits, la bêtise qui les fige, et, ce qui me bouleverse,la résignation, avec la mort qui chemine, sillon après sillon, défaite après défaite, même pour ceux qui paradent encore. On n'échappe pas à ce qui se machine au-dedans de nous, là où le jour n'entre pas. l'aiguille du sismographe secret épie, enregistre et inscrit, inlassable....."
"Mourir pour mourir, c'est en regardant Nice, depuis la colline du château, le cimetière tout à coté, que je voudrais m'en aller. Il n'y aurait pas beaucoup de chemin à parcourir. Ce n'est pas que je sois pressé, mais plutôt que de se tortiller en des lieux aseptisés, où c'est à qui souffrira le plus, je m'imagine me baladant, le vieux Nice à mes pieds, la mer proche et lointaine. La mort viendrait d'un coup de beauté. Rentier du superbe, jour après jour, j'irais l'attendre, léger comme sont les amoureux quand ils vivent de l'air du temps. On a bien le droit de fignoler des exigences. Ça coûte rien. La vie se charge de les retoucher."
Un livre sur le bonheur de maîtriser la langue, l'écriture, la lecture, avec ces deux extraits sur la grand-mère, émigrée en France, "ambassadrice de la paysannerie de l'Italie d'autrefois":
" Elle avait appris le français à l'oreille dans un quartier de Nice où les italiens dans son cas étaient nombreux. C'était à qui l'estropiait le plus. On y parlait aussi couramment le" niçois", comme toujours, à l'époque, dans les zones populaires;" niçois" alors proscrit par " les gens chics" qui l'estimaient vulgaire et par ceux dont l'ambition était de singer les riches. De ce mélange de français,d'italien, de "nissart", devaient naître des générations d'hommes et de femmes s'exprimant en un langage inintelligible au-delà d'un bref périmètre. Quand des années plus tard, elle se rendit en Italie pour revoir son frère, ils ne se comprirent pas. Elle revint à Nice affirmant qu'à San Pietro a Monte,le village natal, les gens avaient cessé de parler italien"
" Je me souviens du jour où je lui avais offert mon premier livre. Elle le regarda, le soupesa,le caressa, puis leva son visage vers moi. Il y avait dans ses yeux du recueillement, cette estime poignante qu'ont les pauvres gens pour ce qui est imprimé, quand les "médias" ne les ont pas dévoyés. Chez ma mère c'était pareil. Un livre! Elle dit avec certitude : "Vous avez mis votre tête et votre coeur là-dedans....". Plus tard, je devais la surprendre le livre ouvert sur les genoux. Jusqu'à ce jour je ne l'avais vue qu'avec son missel. Se croyant seule, elle déchiffrait des phrases à haute voix, épelant chaque lettre en italien, les transformant en français, formant les syllabes comme à l'époque où elle lisait ce qu'écrivait Anselmo......."
J'arrête, je n'en finirais pas d'avoir le bonheur de recopier des passages entiers!
A lire absolument, puisque c'est les vacances, un vrai voyage, dans notre passé récent, qui selon Joseph KESSEL est " un livre qui dit la gloire lumineuse des humbles".
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Jean-Paul Audoli
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dimanche, août 03, 2008
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